Journal des rencontres et infos utiles du mois de septembre 2021

En septembre 2021, Fanny Pastant a suivi plusieurs sessions de formation organisées par l’EHESP sur la capitalisation des actions en promotion de la santé. Nous vous résumons dans cet article en quoi ça consiste, pourquoi cela concerne les CLSM et dans quelle mesure le Centre national de ressources et d’appui aux CLSM peut vous accompagner dans la capitalisation des actions que vous menez.

La capitalisation, c’est quoi ?

La démarche de capitalisation part d’un constat : de nombreux projets de terrain en promotion de la santé sont menés aujourd’hui sans donner lieu à des publications scientifiques (qui attesteraient de leur efficacité ou non) ou rapports largement diffusés, autrement dit sans « preuves » que cela fonctionne. C’est généralement le cas des actions menées par les CLSM.

Cependant, l’absence de preuves n’est pas la preuve d’absences : ça n’a simplement pas fait l’objet d’une recherche qui a donné lieu à une publication. Ces publications, c’est la partie immergée de l’iceberg. Que fait-on de toutes ces actions qui se développent sur le terrain, et notamment celles portées par les CLSM ?

La capitalisation consiste à transformer le savoir issu de l’expérience (expérientiel) en connaissance partageable > le valoriser au même titre que le savoir académique traditionnel

Les connaissances issues de l’expérience sont des connaissances tacites qui ont pour objet de documenter la logique des projets mis en œuvre sur le terrain.

La capitalisation s’intéresse surtout à cette dernière catégorie de connaissances, et permet ainsi :

Pour cela, elle va interroger les acteurs qui portent ces actions (dans notre cas, les coordonnateur·rices de CLSM) et s’appuie sur leur récit : elle vise l’objectivation de leurs pratiques, leurs stratégies et ce que ces pratiques produisent.

La capitalisation, ce n’est pas…  

La capitalisation n’a pas pour finalité première l’évaluation (= ça a fonctionné ou pas fonctionné) : ce qu’on veut savoir, c’est pourquoi l’action a donné les résultats qu’elle a donné – on s’intéresse au comment, au cheminement, pas au résultat final.

 

  • Elle s’appuie sur le discours des acteurs
  • Elle s’intéresse au trajet plutôt qu’à la destination finale
  • Elle éclaire la pratique mais ne débouche sur aucune recommandation formelle

Comment on capitalise ?

À partir d’un recueil d’informations très détaillé auprès des acteurs, et d’une analyse de celui-ci.

Ce recueil d’information doit permettre d’avoir une vision compréhensive du fonctionnement d’une action en tenant compte :

  • De sa forme
  • De son contexte de réalisation
  • Des populations ciblées
  • Des professionnels impliqués

 

En répondant à la question du « Comment-Faire ? », en décrivant finement, pour les projets concernés :

 

  • Les contextes, les modalités d’élaboration des projets et leurs objectifs, les publics visés, etc.
  • Les savoirs issus des activités menées
  • Les stratégies déployées

5 étapes clés :

Bien que ce soit une démarche de valorisation, ça ne veut pas dire qu’on passe sous silence les échecs et les difficultés rencontrées par les porteurs de projets.

Nous vous proposons de participer à l’étape 2 (recueil d’informations) en échangeant avec nous au cours d’un entretien sur une action que vous avez menée dans le cadre de votre CLSM.

À quoi ça sert ? À quoi ça vous sert ?

C’est une démarche qui donne de la légitimité aux actions et aux acteurs par la production de connaissances.

En synthèse, la capitalisation de l’expérience présente 4 finalités principales :

  • Une finalité pédagogique: une démarche qui sert d’abord au porteur de projet, à la personne qu’on rencontre, qui a peut-être pour la première fois depuis le début de son projet le temps de se poser, de s’interroger… c’est un temps d’autoformation et d’autoréflexion sur ses pratiques, qui est cruellement manquant
  • Une finalité informative: finalité de production des connaissances (sur les projets et les stratégies dont il est utile de tirer des enseignements), mais plus que des données, produire du sens
  • Une finalité stratégique et politique: on peut aussi se donner des objectifs pour mieux comprendre la façon dont fonctionnent des champs d’intervention, se donner des nouvelles occasions de soutenir des pratiques professionnelles… la capitalisation donne à voir notamment la déclinaison pratique des politiques nationales et locales de santé
  • Une finalité scientifique: par l’amélioration permanente de la méthode et par la construction d’un corpus de données utiles à la recherche

Quel déroulement ?

Fanny Pastant sera votre accompagnatrice en capitalisation.

L’accompagnateur·rice joue un rôle de tiers permettant de favoriser l’expression des contributeurs et un rôle de maïeuticien facilitant l’émergence et l’organisation de ces savoirs expérientiels.

Il a en charge, plus particulièrement, d’organiser le déroulement d’une ou des capitalisation(s) d’intervention(s) et le recueil des données, de rédiger les documents de capitalisation, de partager et diffuser ces documents.

L’accompagnateur·rice en capitalisation a pour rôle clé de rendre explicites des connaissances implicites du porteur de projet et de faire émerger un discours sur le projet, son contexte et son déroulement.

Concrètement :

  • L’idée est de prendre contact avec les coordonnateur·rices intéressés par la démarche
  • Prévoir environ 1h d’entretien pour parler d’une action qu’ils ont mené, en suivant une grille d’entretien prédéfinie
  • Ces échanges donnent lieu à une fiche de capitalisation détaillée sur l’action
  • Une fois que le point a été fait avec le ou la coordonnateur·rice sur ce qui nous semble le plus important/intéressant dans cette fiche, nous enregistrons avec vous un épisode de podcast de 15-20 min maximum