[NOUVEAU] La revue de presse du Centre national de ressources et d’appui aux CLSM (février/mars)

Le Centre, dans ce nouveau format, vous propose de revenir sur l’actualité de février et mars à travers la presse : créations de nouveaux CLSM, initiatives locales en santé mentale communautaire… Retrouvez toutes les infos à ne pas manquer ! 

 

Les CLSM vus par la presse locale et régionale

 

En termes de nouveaux CLSM, Sevran (Seine-Saint-Denis) a été largement médiatisé. Le Parisien, notamment, a salué une démarche qui s’inscrit dans une forte dynamique départementale – depuis 2012, 14 communes s’y sont dotées d’un CLSM, avec l’appui de l’ARS. Le journal revient également sur le profil atypique du coordonnateur de ce nouveau CLSM, Mustapha Bouacha, docteur en psychopathologie qui dispense 3 consultations gratuites par semaine dans chacune des maisons de quartier de la commune. En termes de groupes de travail, le CLSM portera une attention particulière aux problèmes de sécurité et de logement, en collaborant activement, par exemple, avec les bailleurs sociaux qui, selon M. Bouacha, ne « savent pas faire face à la souffrance physique des locataires. »             

« Le CLSM, c’est une instance qui prend soin de ses citoyens »  – Mustapha Bouacha, coordonnateur du CLSM de Sevran                                                                                                          

L’Echo d’Île-de-France, par ailleurs, s’attarde sur le cas de Courbevoie (Hauts-de-Seine), dont le nouveau CLSM va, à la lumière de la prévalence des troubles psychiques chez les jeunes (selon l’OMS, 50% des troubles apparaissent avant 14 ans), se pencher avec acuité sur la santé mentale de ce public, entre autres sujets, à l’instar des liens entre santé mentale et précarité. Plus largement, le CLSM a déjà mené des actions de sensibilisation et de formation à la santé mentale, en organisant par exemple une formation sur le syndrome de Diogène.

 

S’inspirer : des initiatives locales en santé mentale communautaire

 

Le 5 février, à l’occasion de la Journée nationale de la prévention du suicide, Ouest-France s’est fait l’écho de l’action du collectif Cops 53, dédié à la prévention du mal-être et du suicide en Mayenne, département où l’on compte 3 à 4 fois plus de décès liés aux suicides que de morts sur la route. Béatrice Pigueller, présidente du collectif, recense ses actions, très diverses : formation à l’écoute, à la prévention et aux premiers secours, écoute, ateliers de relaxation, actions d’« aller-vers » dans des EHPAD… Le collectif s’est aussi associé à la pièce de théâtre Fragile qui, en novembre 2022, a rassemblé 800 spectateurs sur sept représentations, dont une large partie de lycéens et d’étudiants. Il s’agit, là aussi, d’une action de prévention qui s’inscrit dans la cité, au plus près des publics les plus vulnérables.

 

Des initiatives pour la santé mentale des jeunes

 

On a dénombré, ces deux derniers mois, de belles initiatives en faveur de la santé mentale des jeunes, souvent portées par les CLSM.

Parmi-celles-ci, nous pouvons citer une initiative dans le Pas-de-Calais, décrite par Libération. Financée par la direction département de l’emploi, du travail et des solidarités, soutenue par le CLSM local (CA Lens-Hénin et CA Hénin-Carvin) et sa coordonnatrice, Sévérine Lambin, cette action est très concrète : une « psychologue de rue », accompagnée d’éducateurs spécialisés, va à la rencontre des jeunes, parfois jusqu’à leur city stade, peut-on lire dans l’article. Une telle action se nourrit de plusieurs constats – la santé mentale des jeunes a été largement fragilisée par la crise sanitaire ; ces derniers ont « pris goût » à l’enfermement et sont donc moins à même de se confier sur leurs problèmes ; les délais d’attente des CMP se sont allongés (entre six mois et un an) ; la précarité économique et sociale, qui prévaut largement dans le bassin minier, complique l’accès aux soins. C’est pourquoi le CLSM a fait de la santé mentale des jeunes l’un de ses axes de travail, et que cette initiative a vu le jour. Elle n’a toutefois pas vocation à se substituer aux structures existantes mais de permettre, par une démarche « d’aller-vers », une première approche, une passerelle pour aller ensuite vers d’autres professionnels de santé. Il s’agit aussi de déconstruire les préjugés liés aux psychologues et à la santé mentale en général.

À l’autre bout de la France, le Centre Presse Aveyron détaille une initiative culturelle visant à parler de santé mentale avec les jeunes. Plus précisément, le projet « Des mots pour votre maux-ral » a été décliné localement, dans la ville de Villefranche-de-Rouergue, avec la venue du spectacle « Vivant ! ». Porté notamment par le Point Accueil Écoute Jeunes, par un collectif d’associations aveyronnaises et par la municipalité, le spectacle met en scène le parcours de résilience d’un jeune après le suicide de sa petite sœur. Dans le sillage de la représentation, qui a réuni 200 personnes, dont 70 lycéens, différents temps ont été organisés : groupes de parole dans les lycées, mais également tenues de stands pour permettre aux jeunes d’exprimer leurs émotions à l’issue du spectacle, et surtout de libérer la parole. En parallèle, des stands animés, avant et après la représentation, par différentes associations comme l’AFEV ou la Maison des Adolescents, ont permis aux jeunes d’identifier les personnes et lieux ressources sur leur territoire.

Enfin, Ouest-France est revenu sur une action de promotion de la santé mentale à Brest, élaborée et mise en place par le CLSM de la ville, coordonné par Elie Terreaux. Il s’agit de former une quinzaine de professionnels issus de l’éducation populaire, du social ou encore de l’animation jeunesse à la santé mentale des jeune. Cette initiative se nourrit du constat, sur le terrain, de la situation alarmante des jeunes, chez lesquels les crises suicidaires, par exemple, se sont multipliées ces dernières années.  Plus globalement, un groupe de travail santé mentale – jeunesses a été créé au sein du CLSM, et a pour objectif de mener des actions similaires pour répondre à la détresse importante des jeunes.

 

 Des lieux de répit innovants

 

Ces derniers mois, la presse a également valorisé des initiatives locales de lieux de répits, pour des publics différents : jeunes LGBTQIA, aidants… Le dénominateur commun à toutes ces initiatives étant de proposer un lieu propice au repos et au lien social à l’intérieur de la cité, et en dehors des structures hospitalières.

Le Monde a longuement décrit un lieu d’accueil rural, situé à Quézac (Cantal) et destiné – notamment – aux jeunes LGBTQIA+, animé par l’association Le Jardin des Passages. S’il accueille, en effet, surtout des citadins venus faire du « woofing » – désignant le travail effectué au sein d’une ferme (ici, principalement du maraîchage) en échange du gîte et du couvert, qui est la règle dans ce lieu -, ou des artistes en résidence, les jeunes queers sont également les bienvenus. Pour beaucoup, ces derniers sont à la recherche d’un lieu de repos après leur sortie d’hôpital psychiatrique, et pour cause : cette population est particulièrement touchée par des problématiques de santé mentale, à l’instar de la dépression ou de l’anxiété. En 2021, une étude de Santé Publique France pointait une prévalence deux fois plus élevée des pensées suicidaires chez les gays ou bisexuels que chez les hétérosexuels.  Ainsi, les jeunes interviewé·es dans l’article saluent l’« apaisement » procuré par le lieu, qui n’a pas de velléité médicale et qui s’inscrit dans une éthique du « care ». Lieu de repli face à une société et des familles maltraitantes et enclines au rejet, lieu de repos, il s’agit aussi d’un espace d’échange de vécus et d’apprentissages mutuels. En somme, une « safe place » propice à un lien social vertueux et à des transitions plus apaisées, si bien que certain·es membres ont décidé de s’y installer durablement, tout en espérant qu’un tel lieu, rare en milieu rural, se pérennise et fasse des émules.  

Enfin, Actualités Sociales Hebdomadaires s’attarde sur un lieu de répit original, nommé Les Bobos à la ferme, situé à La-Madelaine-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), et où des pairs-aidants professionnels, eux-mêmes aidants familiaux, viennent épauler des aidants en situation de détresse. Si, de l’aveu de ses fondateurs, ce lieu n’a vocation à remplacer les services de « droit commun », il vient compléter l’action sociale traditionnelle en permettant aux parents d’enfants en situation de handicap d’être écoutés et d’échanger – de s’entraider en somme. En cela, le lieu s’inspire de méthodes qui ont déjà fait leur preuve pour favoriser le rétablissement des personnes concernées par un trouble psychique. Les fondateurs visent, pour le futur, à former davantage de parents aidants (cinq d’ici à septembre prochain), lesquels pourront valoriser leurs savoirs expérientiels et intervenir, au cas par cas, auprès de familles.                    Du reste, il est possible, dans ce lieu labellisé « Halte répit » par la CAF, de bénéficier d’interventions de relayage, ou encore d’activités adaptées (yoga, équithérapie, etc.).