Santé mentale et inégalités territoriales : un enjeu crucial pour les quartiers populaires

Crédit photo : Caroline Mazars Nahmiaz
Le 13 mars dernier, à Épinay-sous-Sénart, 7 associations d’élus locaux ont lancé l’Appel d’Épinay, interpellant le gouvernement sur l’urgence d’investir dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). 
Face à l’aggravation des inégalités territoriales et de la précarité sociale, les élus demandent une feuille de route interministérielle pour garantir un impact réel des politiques publiques dans ces territoires. 

La santé mentale des jeunes au cœur des préoccupations 

L’une des urgences soulevées : la santé mentale des enfants et adolescents. 
Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la ville, a souligné la nécessité de penser la santé mentale sous le prisme des conditions de vie et des inégalités sociales :
 
« On ne traitera pas la question de la santé mentale des enfants si on ne s’attaque pas à la précarité sociale. »
 
La ministre a notamment évoqué la mise en place d’un accueil psychologique et éducatif dans les quartiers, en lien avec le ministère de la santé, les ARS et les psychologues de ville. 
 

Les CLSM, leviers d’action territoriale pour la santé mentale 

Lors de cet événement, Fanny Pastant, coordinatrice nationale des conseils locaux de santé mentale, a rappelé le rôle de ces démarches dans la lutte contre les inégalités en matière de santé mentale.
Les CLSM réunissent notamment élus, professionnels de santé, travailleurs sociaux, associations et habitants. Leur objectif est de développer des actions concrètes et adaptées à chaque territoire pour : 
✔ Lutter contre la stigmatisation liée à la santé mentale 
✔ Agir sur les déterminants de la santé mentale 
✔ Prévenir les troubles psychiques 
✔ Favoriser l’inclusion et le respect des droits des personnes concernées par un trouble psychique 
✔ Favoriser des parcours de soin accessibles et adaptés
 
Aujourd’hui, 298 CLSM sont actifs en France, dont 24 nouveaux créés en 2024. 68 % couvrent au moins un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), représentant 56% des 1 362 QPV français.

Vers des engagements concrets ?

Le 17 avril, lors du Comité interministériel des villes à Montpellier, les élus attendent des réponses concrètes du gouvernement.
Ils réclament une politique de santé mentale structurée et ambitieuse pour lutter efficacement contre les inégalités territoriales.
 
Dans cette dynamique, le rôle des CLSM pourrait être renforcé et leur déploiement accéléré pour répondre aux besoins croissants des habitants des quartiers populaires. 
 
Le Centre national de ressources et d’appui aux CLSM continuera d’accompagner les collectivités pour pérenniser cette approche territoriale et renforcer la santé mentale communautaire.