Colloque international “Villes et santé mentale” (Nantes, 1er et 2 décembre 2022) : les actes sont disponibles !
De ce colloque, dont les actes viennent de paraître, a notamment résulté l’ « Appel de Nantes », signé par une vingtaine de villes et métropoles françaises et internationales, ainsi que des réseaux d’élu·es locaux.
Les trois jours du colloque ont réuni élus, professionnels, chercheurs, universitaires, urbanistes, acteurs culturels et sportifs, citoyennes et citoyens pour, selon les mots de Johanna Rolland (maire de Nantes), « sortir la question de la santé mentale du seul cercle d’experts, dépasser l’approche uniquement médicale et affirmer collectivement que la santé mentale est bien l’affaire des collectivités ».
Et pour cause : la prévalence des troubles psychiques a augmenté consécutivement à la pandémie, touchant en 2022 1 personne sur 4 d’après l’OMS (avec une aggravation plus nette encore chez les jeunes). Dans le même temps, les villes concentrent, en 2022, 55% de la population mondiale, une part vouée à augmenter ; or, les effets de la ville sur la santé mentale et physique de ses citoyens ne sont pas neutres.
La première table ronde, à laquelle a participé Jean-Luc Roelandt, directeur adjoint du CCOMS, visait notamment à discuter ce dernier constat de manière pluridisciplinaire : avec pour thématique « Comment concilier l’urbain et la santé mentale ? », elle a vu intervenir Charlotte Marchandise, ancienne présidente du réseau Villes-Santé de l’OMS, ancienne adjointe à la mairie de Rennes et consultante sur les question de santé publique, Simon Davies, directeur d’AJA Environnement, Clémence Montagne, directrice du Qare Design Lab, ou encore Matthieu Zimmer, urbaniste chez Deux Degrés à Bordeaux.
La question des CLSM a été soulevée durant le débat alors que, la veille, cinq associations d’élus présentes à la journée d’étude organisée par des élus « Santé publique et territoires » avaient appelé le gouvernement à « créer 1000 CLSM en France ». Charlotte Marchandise a, ainsi, défendu la place du CLSM comme une « interface pérenne pour la mise en place de stratégies nationales en santé publique, permettant de tenir compte des inégalités de santé entre les territoires », regrettant que les moyens alloués aux CLSM ne soient pas à la hauteur des ambitions affichées en la matière.
L’appel de Nantes, signé en conclusion du colloque, décline d’ailleurs des objectifs qui sont aussi ceux des CLSM : “déstigmatiser” la santé mentale ; décloisonner celle-ci dans une approche interdisciplinaire de la santé mentale – qui fut aussi celle du colloque ; “agir concrètement” pour la santé mentale dans les politiques publiques en intégrant la santé mentale à chacune d’entre elle ; interpeller les « acteurs concernés », en particulier les gouvernements – qui sont la première cible de cet appel.
Retrouvez les actes du colloque ici !