Municipales 2026 : deux tribunes rappellent que la santé mentale est devenue un enjeu politique local

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A deux semaine du premier tour des élections municipales 2026, deux tribunes publiées dans la presse nationale ont rappelé une réalité désormais incontournable : la santé se joue de plus en plus à l’échelle locale et suppose une structuration politique assumée au niveau municipal

Dans Le Monde, Daniel Benamouzig et Franck Chauvin décrivent "un mouvement continu" : le renforcement de l’échelon local en matière de santé. Dans Mediapart, des professionnel·les de santé engagé·es appellent à inscrire clairement la santé mentale parmi les priorités municipales.

Le constat est clair : la santé ne se joue pas uniquement dans le système de soins. Elle se construit dans les conditions de vie et donc dans les politiques locales. Logement, mobilités, urbanisme, culture, sport, lutte contre l’isolement : les collectivités agissent déjà sur les déterminants de santé. À l’échelle municipale, rappellent les auteurs du Monde, "les silos institutionnels se fissurent plus aisément". La transversalité y est politiquement possible.

Mais deux obstacles majeurs demeurent.

Le premier est celui de la structuration. Des actions existent. Des budgets existent (ces "budgets cachés" disséminés dans les politiques municipales). Pourtant, "sans orientations stratégiques explicites, ces initiatives restent juxtaposées". Autrement dit : on fait de la santé sans toujours en faire une politique. C’est précisément là que les CLSM prennent tout leur sens : ils donnent une cohérence, une gouvernance, une vision. Ils transforment une somme d’initiatives sectorielles en stratégie territoriale assumée.

Le second obstacle est celui des moyens. Les leviers financiers mobilisables restent "fragmentés et inégalement accessibles", notamment pour les petites communes. Dans un contexte de contraintes budgétaires accrues, les collectivités sont appelées à porter une ambition croissante sans ressources consolidées. Une meilleure gouvernance permet d’optimiser l’existant, mais elle ne peut durablement compenser l’absence de financements pérennes.

À l’approche des municipales, le débat ne peut pas être seulement technique ou institutionnel. Il est politique : voulons-nous faire de la santé (et de la santé mentale) un véritable choix de mandat, doté d’une gouvernance claire et de moyens stabilisés ?

Les responsabilités locales sont déjà engagées. Reste à assumer pleinement cette orientation, et à lui donner les ressources à la hauteur de l’ambition affichée.